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Jane Harper – Sauvage – Editions Calmann-Lévy Noir – 424 p. – Traduction David Fauquemberg

4ème de couverture :

De retour à Melbourne après un séjour éprouvant dans sa ville natale, l'agent fédéral Aaron Falk apprend la disparition d'Alice Russell. Cette dernière, qui n'est jamais revenue d'un challenge d'entreprise dans le bush, est son témoin clé dans une affaire de blanchiment d'argent à grande échelle.

Alors que son enquête plonge Falk au cœur d'une nature magnifique mais impitoyable, surtout en plein hiver, il découvre que tous les participants à ce challenge ont quelque chose à cacher. Et qu'Alice, femme cruelle et insensible, est loin d'être appréciée par ses collègues. Le compte à rebours pour retrouver Alice vivante est enclenché mais, si les langues se délient progressivement, tout le monde ne semble pas prêt à coopérer.

Mon avis sur ce livre :

J'étais ravie de retrouver l'agent fédéral Aaron Falk pour une nouvelle enquête car j'avais beaucoup aimé Canicule, le premier roman de Jane Harper que je venais de lire en VO quelques temps auparavant. J'avoue que je partais vraiment confiante pour ce deuxième roman et je n'ai pas été déçue. Encore une fois j'étais conquise dès les premières pages, tant par l'évolution du personnage principal, que par l'intrigue et la construction du récit. Pas de surprise pour ceux qui aiment les thrillers puisque l'on est vraiment dans ce style de récit avec un personnage principal récurrent et une enquête différente à chaque roman mais j'avoue que ma lecture était vraiment prenante et addictive.

Ici l'on va suivre un groupe de personnages partis en séminaire d'entreprise, qui se retrouvent dans le bush australien séparés en deux équipes : les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Le roman débute avec le retour de ces groupes au point de ralliement, et Alice manque à l'appel. Sa disparition est vraiment le point central du roman, ne vous attendez pas à une enquête financière comme pourrait le laisser supposer le résumé, ici l'affaire de blanchiment d'argent n'est pas le cœur de l'intrigue. Ce sont vraiment les personnages qui priment et leur interaction au travail ou lors de ce périple.

Cette fois encore, Jane Harper met la nature australienne à l'honneur. Comme dans Canicule, l'Australie est un personnage à part entière et c'est ce qui pour moi fait tout le charme de ses romans. L'aspect sauvage et implacable de la nature australienne joue un rôle primordial dans la façon dont vont évoluer les personnages tout au long du livre. Grâce à la construction de son récit qui alterne les chapitres d'enquête avec les chapitres en flash-back de l'aventure du groupe des femmes, le lecteur voit petit à petit évoluer les personnalités et les comportements de chacune face à la difficulté : le manque de repères, le fait d'être perdu au milieu d'une nature hostile, les intempéries, les peurs qui refont surface, les antagonismes latents entre les membres de l'équipe, les vieilles rancœurs qui se dévoilent… tout est fait pour créer un climat propice au drame.

L'écriture est fluide, sans surprise, mais plutôt dynamique et c'est ce que l'on cherche généralement pour ce genre de roman, avec de nombreux dialogues qui rythment les chapitres de manière efficace. Dans l'ensemble j'ai vraiment pris plaisir à ma lecture. Par contre petit bémol sur le développement des personnages que j'ai trouvé un peu moins travaillé que dans son précédent roman. Il y avait pourtant matière à développer les personnalités de certains des protagonistes mais j'avoue que j'aurai aimé aller un peu plus au fond des choses, notamment avec le personnage d'Alice que j'ai trouvé un peu superficiel. Par contre le personnage d'Aaron se dévoile un peu plus dans ce deuxième opus, notamment à travers sa relation avec son père. 

Je remercie Babelio et les éditions Calmann-Lévy pour cette aventure dans le bush australien et j'attends avec impatience la prochaine enquête de l'agent Aaron Falk.