Bidules et Petits Riens

samedi 2 avril 2016

Les Brillants

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Marcus Sakey – Les Brillants – Editions Folio Policier – 561 p. – Traduction Sébastien Raizer

4ème de couverture :

Ils sont dotés de faculté hors du commun. Ils représentent 1 % de la population mondiale. Ce sont les "Brillants". L'agent Nick Cooper, bien que lui-même Brillant, consacre sa vie à protéger les gens normaux en travaillant au sein du DAR, le département chargé de contrôler l'activité de ces surdoués. Pourtant, la traque de John Smith, le Brillant ennemi n° 1, va l'obliger à choisir son camp…

Mon avis sur ce livre :

Un thriller dystopique qui démarre sur les chapeaux de roues et qui vous tient en haleine jusqu'à la fin. Je ne connaissais pas l'auteur mais bizarrement le résumé m'a fait penser à La nuit des enfants rois lu quand j'étais adolescente et j'avoue que j'étais curieuse de découvrir l'histoire après avoir lu le pitch de ce roman. J'ai beaucoup aimé l'intrigue et les différents personnages rencontrés, avec une préférence pour Nick Cooper et son évolution tout au long du récit. L'auteur réussit à bousculer nos certitudes par rapport à la personnalités des personnages principaux ou secondaires et à leurs choix, du coup j'ai vraiment apprécié d'être confrontée à ces changements et de voir mon avis sur certains des personnages évoluer tout au long du récit.

L'intrigue est bien menée et les rebondissements et retournements de situation suffisamment présents pour tenir le lecteur en haleine tout au long de l'histoire et je ne me suis pas ennuyée une seconde. A côté d'un thriller à la mécanique plutôt classique, l'auteur réussit à imposer des thèmes plus profonds comme le droit à la différence, la manipulation des foules à travers les médias, la présence d'officines obscures au service du pouvoir en place ou au service des conglomérats financiers… Le tout est intéressant, prenant, oblige le lecteur à se poser certaines questions sur le choix d'une société basée sur la peur de l'autre…

J'avoue qu'à la vue du bandeau sur la couverture j'avais un peu peur de me trouver face à des super héros aux "qualités" improbables mais pas du tout. Les compétences des Brillants sont suffisament subtiles pour éviter au lecteur de se retrouver au milieu de la série Heroes. Cela donne une certaine force au récit, car les personnages restent crédibles dans leurs capacités. Bon j'avoue que je n'aime pas du tout les histoires de super héros, particulièrement au cinéma, je trouve que cela vire très vite au Grand Guignol et je n'arrive pas du tout à m'y intéresser. Alors finalement j'ai été agréablement surprise par la façon dont l'auteur avait su doser le côté thriller et la partie plus fantastique de l'histoire. Le roman est bien équilibré et le style rythmé et dynamique, facile à lire est très agréable.

Je remercie Livraddict et les Editions Folio Policier pour ce partenariat. Je lirai la suite avec plaisir car je suis curieuse de voir évoluer les personnages dans les prochains tomes.

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lundi 29 février 2016

La douleur porte un costume de plumes

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Max Porter – La douleur porte un costume de plumes – Editions du Seuil – 122 p. – Traduction Charles Recoursé

4ème de couverture :

Une mère meurt. Elle laisse derrière elle deux petits garçons et leur père terrassés par le chagrin. Un soir, on frappe à la porte de leur appartement londonien. Surgit alors un étrange personnage : un corbeau, doué non seulement de parole mais d'une verve enfiévrée, d'un aplomb surprenant et d'un sens de l'humour ravageur. Qu'il soit chimère ou bien réel, cet oiseau de malheur s'est donnée une mission auprès des trois âmes en péril. Il sera leur confident, baby-sitter, analyste, compagnon de jeu et d'écriture, l'ange gardien et le pitre de service – et il les accompagnera jusqu'à ce que la blessure de la perte, à défaut de se refermer, guérisse assez pour que la soif de vivre reprenne le dessus.

Bouleversante, hilarante, audacieuse et unique, cette fable moderne est un bijou littéraire qui nous rappelle ceci : ce sont les pouvoirs de l'imaginaire et la force des mots qui nous tiennent en vie.

Mon avis sur ce livre :

Un petit livre totalement atypique et tellement intense qu'une fois refermé on n'a qu'une envie, le relire ! Le relire pour savourer à nouveau chaque mot, chaque dialogue, retrouver le corbeau et sa façon de parler hilarante, le relire pour ressentir à nouveau toutes ces émotions qui nous envahissent. C'est un petit chef-d'œuvre de tendresse et d'humanité, on passe du rire aux larmes en un mot, de la magie à la réalité en une phrase et on tente d'oublier que les corbeaux ne frappent pas à votre porte en tenant des propos délirants. C'est un livre sur le deuil, sur l'absence, la perte d'un être cher et la façon dont chacun appréhende ce moment.

Si le propos est original, la construction du livre l'est aussi. De courts chapitres attribués à chacun des personnages, un style varié en fonction du narrateur, une écriture entre la prose et la poésie, rien dans ce livre n'est plat ou banal. Max Porter joue avec les mots et avec ses lecteurs à travers la diversité de son style et la façon dont son texte vient se positionner sur la page. C'est toujours réalisé avec intelligence et finesse et si on est surpris, interpellé et bousculé c'est pour mieux savourer le texte et ressentir l'intensité des sentiments que procure ce roman.

Le personnage de Corbeau est une sorte d'entité magique qui sert de béquille pour aider cette famille endeuillée à supporter la souffrance de l'absence. Chacun y trouvera ce qu'il souhaite y voir, une baby-sitter compréhensive et amusante, une aide compatissante, une sorte de catalyseur des sentiments, un psy gratuit et disponible… Personnage haut en couleurs, à la gouaille hilarante, Corbeau dédramatise la situation dans un style bien à lui, imagé, voire vulgaire et malgré tout c'est beau, touchant, drôle et infiniment intelligent. On sort de ce récit bouleversé, amusé et revigoré, et si le propos est plutôt triste, on en sort pourtant regonflé à bloc. Comme si Corbeau nous avait à nous aussi apporté un peu de son aide précieuse pour affronter nos propres difficultés.

Un petit livre tendre et intense qui m'a emballé. Je remercie Babelio et les Editions du Seuil pour ce moment de grâce et d'humanité.

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jeudi 25 février 2016

Pretty Girls

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Karin Slaughter – Pretty Girls – Editions Mosaïc – 517 p. – Traduction François Rosso - (Epreuve anticipée, non corrigée)

4ème de couverture 

Deux sœurs. Deux étrangères.

Plus de vingt ans auparavant, Julia a disparu à seize ans sans laisser de trace. Depuis, Claire et Lydia, ses sœurs, ne se sont plus parlé. Seule la haine farouche qu'elles nourrissent l'une pour l'autre les rapproche encore. La haine, et le désespoir : jamais elles ne se sont remises de la tragédie qui a fracassé leur famille.

Deux événements violents vont venir cruellement raviver leurs blessures mais aussi les obliger à se confronter : l'assassinat du mari de Claire, et la disparition d'une adolescente.

A tant d'années de distance, ces événements ont-ils un lien quelconque avec Julia ? Lasses de se faire la guerre, Claire et Lydia plongent dans la noirceur du passé familial. Une spirale sanglante…

Mon avis sur ce livre :

Mon challenge va être de parler de ce thriller sans dévoiler quoi que ce soit sur l'intrigue… Tout détail a de l'importance et toute information peut gâcher le plaisir du lecteur, donc je vais essayer de m'en tenir aux grandes lignes et aux généralités. J'ai beaucoup aimé et j'ai été complètement happée dès les premières pages. Je crois que je l'ai lu en un week-end tellement j'étais à fond dans l'histoire.

J'ai aimé, l'intrigue, les personnages, les rebondissements ou les retournements de situation, le fait de ne pas savoir où l'auteur nous emmène… Souvent dans ce genre de romans, surtout quand on en lit régulièrement, on finit par voir les ficelles de l'auteur apparaître. Je dois dire qu'ici j'ai complètement oublié tout ça tellement j'étais prise par l'intrigue.

A travers ce drame familial, l'auteur nous fait plonger du côté le plus noir de l'âme humaine : c'est violent, sombre, malsain et… terriblement efficace ! Peu de temps morts et des retournements de situation incroyables ne laissent pas de place à l'ennui et viennent régulièrement rythmer le récit. Les personnages principaux sont complexes et attachants. Si au départ j'ai préféré le personnage de Lydia à celui de Claire que je trouvais plus lisse et moins travaillé, au fur et à mesure que j'avançais dans mon récit, mon avis a complètement évolué pour m'attacher à cette femme qui voit son monde s'écrouler.

J'ai apprécié le style de l'auteur. C'est direct, incisif, rythmé, avec des dialogues vivants et bien tournés. La construction du livre, avec différentes voix qui interviennent, est particulièrement intéressante. J'ai beaucoup aimé les chapitres où Sam le père de Lydia et de Claire nous parle. Cela apporte un côté intime et tendre qui vient contrebalancer la noirceur générale de l'histoire. Cette respiration au milieu du roman est un vrai plus, une sorte de parenthèse qui permet au lecteur de se poser et de prendre un peu de recul sur l'ensemble du récit. J'ai trouvé cette façon de rythmer le roman vraiment bien trouvée et pertinente.

Pour résumer, j'ai beaucoup aimé et il y a bien longtemps que je n'avais pas été embarquée à ce point dans un livre. Je peux comprendre que la violence de certaines scènes peut être difficile pour certains et que le côté malsain du thème peut déranger mais c'est malheureusement aussi la réalité du monde et sa violence que Karin Slaughter nous décrit.

Je remercie Babelio et les Editions Mosaïc pour cette découverte. Un bon roman, trépidant et dense avec de nombreux rebondissements… Un vrai page turner !

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lundi 11 janvier 2016

So sad!

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Masayoshi Sukita - 2002

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dimanche 10 janvier 2016

Mes résolutions livresques pour 2016 !

Voici un petit bilan de mes "bonnes" résolutions concernant la lecture pour 2016.

Pour vous donner un apercu de l'ampleur des dégats, voici une partie de ma PAL en anglais (sachant que que les étagères masquent une rangée supplémentaire de livres... que j'ai trois autres emplacements du même genre dans mon appartement en anglais et VF.

Mon but, cette année, c'est de faire baisser cette PAL et de dégager de la place, car au fur et à mesure que je termine des livres, je les emmène chez mes parents pour éviter de les stocker chez moi ;-)

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Beaucoup de livres de SF et de Fantasy, des classiques et des romans contemporains, un peu de YA et des essais. Mes gouts sont éclectiques ce qui augmentent aussi les tentations !

Cette année, j'ai donc décidé :

. d'essayer de réduire mes achats
. de privilégier des livres qui sont dans ma PAL depuis très longtemps
. de continuer de varier les genres
. d'essayer de participer à des groupes de lectures ou des challenges pour essayer de faire baisser mal PAL un peu plus

Et je ne parle pas des ebooks !

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jeudi 24 décembre 2015

La justice de l'ancillaire

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Ann Leckie - La justice de l'ancillaire (Les Chroniques du Radch 1) – Editions J'ai Lu, Nouveaux Millénaires – 441 p. – Traduction Patrick Marcel

4ème de couverture :

Rien ne peut arrêter l'expansion de l'empire Radchaaï. Chaque annexion fournit des armées supplémentaires, les ancillaires, des captifs à la conscience détruite changés en troupes de choc, des marionnettes, animées par l'intelligence artificielle des vaisseaux de guerre de l'empire. L'un de ces vaisseaux, le Justice de Toren, a été détruit, victime d'un complot au plus haut niveau du pouvoir. Mais son IA est parvenue à s'échapper et à s'incarner dans le seul ancillaire rescapé du massacre. Dix-neuf ans plus tard, sa vengeance est sur le point de s'accomplir…

Mon avis sur ce livre :

Un roman original tant par l'histoire que par le style utilisé. J'avoue avoir lu ce livre en VO il y a quelques temps et avoir eu un peu de mal avec l'écriture. L'auteur a choisi de ne pas donner de genre à une partie de ses personnages et l'on passe donc constamment du masculin au féminin dans un savant mélange… plus facile à appréhender en français qu'en anglais ou le genre est indiqué généralement par le pronom et non par la féminisation du nom. Au départ cela m'avait gêné car cela ajoutait de la confusion et une certaine difficulté de compréhension (pour donner un exemple on parle de "La première inspecteur" ou de "La grande prêtre"). Excepté certains des principaux personnages que l'on considère féminins, pour le reste vous avez le choix du genre et j'avoue que c'est très déstabilisant. Si la VO compliquait un peu la compréhension, je trouve que la traduction n'est pas formidable non plus car cela alourdit le style de l'ensemble sans rien ajouter à l'histoire (exemple : c'était la cousin…).  

Passé cette difficulté, j'avoue que l'histoire m'a beaucoup plu. On suit l'un des éléments composant le vaisseau Justice de Toren, qui quelques années auparavant, a réussi à échapper à la destruction. On parle d'éléments car ce ne sont pas des humains mais une partie à part entière du vaisseau, ce dernier étant une sorte d'IA connectée aux autres éléments du même genre, des sortes de marionnettes directement contrôlées par le Justice de Toren. Suite à un complot le condamnant à la destructon, l'IA de ce dernier va réussir à s'échapper en s'incarnant dans l'un des ancillaires qu'il dirigeait, va prendre son indépendance et mettre en place sa vengeance contre ceux qui ont donné l'ordre de sa destruction. 

Les chapitres alternent son histoire et sa quête présente avec le récit des éléments déclencheurs de ce complot. C'est intelligemment construit et cela rythme particulièrement bien l'histoire qui alterne avec les deux époques. Les personnages sont assez troublants car bizarrement, la froideur de Breq au départ, volontaire pluisque Breq est l'IA du vaisseau, semble s'humaniser au fur et à mesure que l'on progresse dans le récit. Sa relation aux autres devient alors plus complexe et moins formatée, et donc moins attendue. J'ai aussi beaucoup aimé le monde construit par l'auteur et les problèmes soulevés par l'histoire : la religion, la place des êtres humains dans une société qui n'est plus vraiment faite pour eux, l'évolution de la technologie… C'est un bon premier tome qui donne vraiment envie d'en savoir plus sur ce monde et sur l'évolution des personnages. Le récit peut sembler complexe et déstabilisant mais passé les premières pages on rentre très facilement dans l'histoire et l'ensemble est vraiment prenant. J'ai passé un très bon moment de lecture.

Je remercie Babelio et Les Editions J'ai Lu pour ce partenariat de lecture et je poursuivrai la série avec plaisir.

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dimanche 13 décembre 2015

Dans ma PAL

Dans ma PAL j'ai pas mal de livres en anglais et notamment des romans de la collection Penguin Modern Classics. J'adore leur choix d'auteurs et de romans et je suis rarement déçue par mes lectures.

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. A day in the Life of a Smiling Woman – Margaret Drabble
. Another Country – James Baldwin
. Breakfast at Tiffany's – Truman Capote
. Chocky – John Wyndham
. Claudius the God – Robert Graves
. Don't Look Now and other Stories – Daphne du Maurier
. Giovanni's Room – James Baldwin
. Good Morning, Midnight – Jean Rhys
. Goodbye to All That – Robert Graves
. Hangover Square – Patrick Hamilton
. Hangsaman – Shirley Jackson
. How Green Was My Valley – Richard Llewellyn
. I, Claudius – Robert Graves
. Invisible Man – Ralph Ellison
. Lark Rise to Candleford – Flora Thompson
. Lolita – Vladimir Nabokov
. Love in the Time of Cholera – Gabriel Garcia Marquez
. Maggie Cassidy – Jack Kerouac
. Moon Tiger – Penelope Lively
. Nineteen Eighty-Four – George Orwell
. Other Voices, Other Rooms – Truman Capote
. Parade's End – Ford Madox Ford
. Ragtime – E.L. Doctorow
. Steppenwolf – Hermann Hesse
. The Bird's Nest – Shirley Jackson
. The Chrysalids – John Wyndham
. The Collected Dorothy Parker – Dorothy Parker
. The Complete Stories – Truman Capote
. The Day of the Triffids – John Wyndham
. The Death of Grass – John Christopher
. The Golden Apples – Eudora Welty
. The Grapes of Wrath – John Steinbeck
. The Haunting of Hill House – Shirley Jackson
. The Lottery and other Stories – Shirley Jackson
. The Member of the Wedding – Carson McCullers
. The Moon is Down – John Steinbeck
. The Road Through the Wall – Shirley Jackson
. The Shooting Party – Isabel Colegate
. We have always Lived in the Castle – Shirley Jackson
. Wide Sargasso Sea – Jean Rhys

En gras les livres que j'ai lus. Vous remarquerez qu'il y beaucoup de livres de Shirley Jackson qui est l'un de mes auteurs coup de coeur de ces dernières années.

mercredi 11 novembre 2015

Zen

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Maxence Fermine – Zen – Editions Michel Lafon – 134 p.

4ème de couverture :

"Chaque jour, de l'aube au crépuscule, Maître Kuro pratique l'art subtil de la calligraphie.

Pendant de longues heures, dans un recueillement proche de la plénitude, il reste agenouillé devant un rouleau de papier de riz et le recouvre d'encre noire.

Peu lui importent le vaste monde et ce qui le régit depuis des siècles. Il vit concentré sur son labeur et sur la direction, la finesse du trait qu'il dessine à main levée.

Avec verticalité, harmonie, simplicité et élégance.

Ainsi va la vie, tranquille et apaisante, de Maître Kuro."

Jusqu'au jour où…

Mon avis sur ce livre :

Un livre court et intense à l'écriture ciselée d'une précision incroyable. La parfaite combinaison du récit et du style, un mélange de délicatesse et de grâce au service d'un récit dense et précis porté par des personnages atypiques et attachants. J'ai adoré ce roman, tant au niveau de l'écriture que de l'histoire. Telle une calligraphie japonaise précise et épurée, le style met en avant la précision dans le choix du vocabulaire. Pas de phrases alambiquées ou compliquées mais la quintessence du texte au service des sentiments, c'est un roman court mais particulièrement dense qui met la délicatesse au centre de l'histoire. Une histoire intemporelle avec des personnages joliment esquissés, tout en émotion contenue. 

L'auteur a su insuffler à son livre ce qui fait le charme de la culture japonaise, l'épure, la précision, une certaine humilité et la délicatesse des sentiments. Tout est précis, à sa place, doucement mélancolique et un peu cruel parfois… Comme toutes les histoires d'amour ! Comme maître Kuro maîtrise son trait, l'auteur maîtrise son style et donne une vraie puissance à ses personnages. Au premier degré ces derniers pourraient sembler un peu fades et ternes dans ce quotidien dédié à la quintessence du geste, à la recherche du trait parfait, mais c'est tout le contraire qui se dessine au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire. L'auteur joue le contraste entre le quotidien tranquille, voire la routine des jours qui passent et la force, voire la violence des sentiments qui prennent vie et des émotions qui s'intensifient au fil des jours et des leçons de calligraphie.

Ce roman fut un vrai coup de cœur, j'ai aimé l'écriture, le rythme du récit, l'histoire et la relation qui se développe entre Maître Kuro et Yuna au fil des jours. J'ai aimé la profondeur et l'intensité des personnages, la grâce de ces derniers à travers leur quotidien et leur rapport à l'art.

Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur à travers ce roman et je remercie Livraddict et les Editions Michel Lafon pour cette belle découverte. 

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samedi 24 octobre 2015

Capucine

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Blaise Hofmann – Capucine – Editions Zoé – 211 p.

4ème de couverture :

Elle était l’un des modèles parisiens incontournables des années cinquante, puis l’actrice de Federico Fellini, Georges Cukor, Blake Edward, Joseph Mankiewicz. Elle a joué avec John Wayne, Woody Allen, Jane Fonda, Romy Schneider, Claudia Cardinale, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon...

Qui se souvient encore de Capucine ?

Blaise Hofmann part sur ses traces. À Saumur, sous les bombes de la Deuxième Guerre. À Paris, sur les podiums de haute couture et dans les caves à jazz de Saint- Germain-des-Prés. À Los Angeles, dans les fabriques de stars hollywoodiennes. Enfin, à Lausanne, où Capucine passe ses trente dernières années, avant de se donner la mort, le 17 mars 1990.

Ce roman biographique est un conte de fée tragique, cruel et actuel. C’est aussi le récit d’une enquête, un travail de mémoire. 

Mon avis sur ce livre :

Je me souviens très bien de Capucine, de cette silhouette élégante et racée qui traversait l'écran dans La Panthère Rose, Le bal des adieux, Quoi de neuf, Pussycat ? Je me souviens surtout de cette allure inimitable, de cette attitude un peu distante, de cette mélancolie que l'on devinait derrière ce regard transparent. Derrière Capucine se cachait Germaine Lefèbvre, cette jeune fille qui n'attendait qu'une chose : vivre une autre vie ! Rapidement Capucine quitte Saumur pour Paris où sa beauté classique et sa silhouette lui ouvre les portes du mannequinat. Mais Capucine s'ennuie, rêve de cinéma et décide de partir pour Hollywood. L'Amérique lui ouvre ses portes et lui donne sa chance. Au fil des rencontres et des tournages elle devient l'une des actrices en vue de Beverley Hills et tournent avec les plus grands : George Cukor, Joseph Mankiewicz, Henry Hathaway, Blake Edwards. Mais finalement elle interpretera peu de rôles et lassée de ces personnages formatés qu'on lui propose elle décidera de revenir en Europe et poursuivra sa carrière entre la France, l'Allemagne et l'Italie où elle tournera avec Fellini.

Plus que l'actrice, c'est surtout la femme qui m'a intéressée. Je connaissais finalement très peu de choses de sa vie, même si je me souvenais parfaitement de l'actrice et de cette beauté intemporelle à travers ses quelques apparitions cinématographiques. Maintenant je me rends compte que même si elle n'était pas l'une de ces actrices à la mode que l'on voyait partout, elle m'a marquée malgré tout. Je me souviens particulièrement de son regard dans lequel on devinait une fêlure, comme une perception particulière de la tragédie du monde et de la vacuité des choses.

J'ai beaucoup aimé le livre de Blaise Hofmann, même si je l'ai trouvé un peu court. J'aurai aimé aller un peu plus au fond des choses, particulièrement la dernière partie de sa vie et sa fin de carrière. J'ai apprécié la construction du livre entre témoignage et enquête, à travers la voix de Capucine ou de celle de l'auteur on remonte au fil des années le destin incroyable de cette petite Germaine devenue Capucine à Hollywood. Actrice reconnue pour être ensuite oubliée, jeune femme qui a provoqué le destin et choisi sa vie comme elle a choisi sa mort, seule.

Elle avait recopié ce texte magnifique qu'elle aimait particulièrement, le sermon d'un chanoine irlandais prononcé à la mort du roi Edouard VII et intitulé "La mort n'est rien" et je trouve que c'est une conclusion parfaite à cette fin qu'elle avait choisie.

La mort n'est rien. Je suis simplement passé dans la pièce à côté. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné, parlez-moi comme vous l'avez toujours fait, n'employez pas un ton solennel ou triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Jouez, souriez, pensez à moi. Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans trace d'ombre. La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié. Elle est ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé simplement parce que je suis hors de votre vue. Je vous attends. Je ne suis pas loin. Juste de l'autre côté du chemin. Vous voyez : tout est bien.

Je remercie Babelio et les Editions Zoé pour m'avoir donné la possibilité d'en savoir un peu plus sur cette femme complexe et touchante. Pour ma part plus que l'actrice une peu distante sur papier glacé, j'aimerai me souvenir de son sourire à travers cette photo.

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mardi 6 octobre 2015

Le renversement des pôles

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Nathalie Côte – Le renversement des pôles – 290 p – Editions Flammarion

4ème de couverture :

Couple : deux personnes de la même espèce considérées ensemble. Couples en vacances avec enfants : spécimen d'un genre particulier qui attend l'été avec impatience mais qui risque fort de finir la tête dans le sable.

Les Bourdon et les Laforêt ont loué deux appartements voisins dans une résidence avec piscine en bord de mer. Chacun est arrivé avec la même envie : consacrer ce temps béni aux enfants, au repos, aux projets. Et tous sont rattrapés par leurs obsessions propres : fuir un mari ennuyeux, gagner vite plus d'argent, faire oublier qu'on a pris dix kilos, faire semblant que tout va bien. Passée l'euphorie de l'échappée belle, ils ne tarderont pas à découvrir que changer de vie a un prix, que la liberté exige du souffle et qu'elle ne s'achète jamais à bon compte.

Avec un humour acide et une implacable clairvoyance, Nathalie Côte se fait enthomologiste de la classe moyenne et pavillonnaire. En filigrane, elle dénonce le monde du travail, véritable machine à tuer, et le monde matérialiste, qui propose vainement de se consoler en consommant à crédit. On regarde ces personnages ni aimables ni détestables se débattre et renoncer. On les regarde, en espérant ne pas leur ressembler.

Mon avis sur ce livre :

Un avis partagé sur ce livre, non pas à cause de l'histoire mais plutôt par manque d'empathie envers les personnages. Aucun n'a vraiment trouvé grâce à mes yeux. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé car j'ai pris plaisir à découvrir l'évolution de ces deux couples, mais clairement ce roman n'a pas été un coup de cœur.

Pour le côté négatif, je pense que le fait de ne pas réussir à m'attacher plus particulièrement à l'un des couples ou à l'un des protagonistes m'a déstabilisé. Même un salaud peut être attachant et avoir des côtés qui vous plaisent mais là ni Arnaud, ni Vincent, ni Claire, ni Virginie n'ont trouvé grâce à mes yeux. Ils m'ont surtout fait pitié, englués dans leurs quotidiens et centrés sur leurs petits désirs inavoués. A croire que ces gens ne se parlent pas, voire ne s'écoutent pas. En réalité, je les ai trouvés un peu pathétiques et étriqués, avec l'impression constante qu'ils se contentent de vivre côte à côte dans leurs couples au lieu de vivre ensemble. 

Pour le coté positif, ce qui m'a vraiment plu c'est l'analyse que fait l'auteur de ces deux couples et l'évolution de chacun d'entre eux. La situation va basculer de façon insidieuse pour Claire, un événement va l'obliger à faire des choix et à remettre son couple en question. Quant à Vincent, il se voit en trader mais verra ses rêves de fortune se dissoudre dans les limbes virtuelles d'internet. Tous deux vont tenter de vivre autre chose, de sortir de leur quotidien et de la fadeur de leurs petites vies sans surprise, au détriment de leur couple. Ils ont au moins le mérite d'une tentative de mieux, d'un essai de changement, d'un espoir d'autre chose. Cette évolution dans les deux couples m'a vraiment intéressée. Grâce à une analyse au scalpel des sentiments des personnages et à une écriture incisive et rythmée, l'auteur accentue ce sentiment de précision. J'ai eu l'impression de découvrir l'histoire au fil d'une marée, une sorte de mouvement perpétuel qui une fois lancé avance de façon inéxorable vers son dénouement. J'ai beaucoup aimé cette précision et ce voyage à l'intérieur de ces deux couples.

Un avis mitigé concernant les personnages mais une belle découverte en ce qui concerne l'écriture de Nathalie Côte. Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour ce partenariat.

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mercredi 29 juillet 2015

Les Enfants de Sal Mal Lane

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Ru Freeman – Les Enfants de Sal Mal Lane – Editions Zoé – 523 p. – Traduction Christine Raguet

4ème de couverture :

Dans Sal Mal Lane, une ruelle de Colombo, cohabitent tant bien que mal des familles sri lankaises de différentes origines ethniques et de différentes appartenances religieuses. Avec l'arrivée de Mr et Mrs Herath et de leurs quatre enfants, Suren, Rashmi, Nihil et Devi, la petite rue se réveille : romances, questions politiques, jeux de cerfs-volants, cricket, petits et grands drames ; on lit L'Attrape Cœur, on rêve d'être Bruce Lee ou Mohamed Ali, on écoute U2 et les Beatles… Nous sommes en 1979, cinq ans anvant le début de la guerre civile qui va déchirer le pays pendant 26 ans, et dont les premiers soubresauts font s'effondrer l'harmonie magique du petit monde de Sal Mal Lane.

Roman historique et réaliste autant que saga familiale, aux personnages extraordinairement attachants, colorés et joyeux, Les Enfants de Sal Mal Lane raconte avec grâce la capacité de l'être humain à surmonter les tragédies, qu'elles surviennent à l'échelle d'un pays ou d'une famille.

Mon avis sur ce livre :

L’histoire d’un pays à travers celle d’une rue de Colombo et de ses habitants d’origines et de classes sociales diverses : cinghalais, tamouls, musulmans, bouddhistes ou catholiques vivent ensemble dans cette impasse d’un pays menacé par les prémices de la guerre civile à venir. Le destin d’un groupe d’enfants embarqués malgré eux dans des histoires d’adultes, entre rires et larmes, entre tendresse et violence. Une histoire douce-amère où chacun cherche sa place au sein d’une famille, d’un quartier, d’une ethnie et d’une société que les tensions diverses gangrènent.

J’ai beaucoup aimé ce roman, que ce soit l’histoire ou les personnages tous attachants à leur façon. A travers la vie de ce quartier c’est l’histoire du Sri Lanka et des évènements qui ont mené à la guerre civile que l’on découvre et leurs conséquences sur la vie de ces gens qui vivaient en harmonie sans se préoccuper de religions ou d’appartenance à une ethnie. Comme souvent en temps de guerre, les enfants sont les premiers touchés, petites victimes collatérales de la haine et de la bêtise des adultes, à travers la jalousie des uns, l’ignorance des autres, les rumeurs sans fondement et les tensions sociales. Malgré cela ils essaient tant bien que mal de protéger leur petit monde, des amours naissent et des amitiés se font et se défont. On passe du rire aux larmes en une page et ça fait du bien ! J’ai aimé les relations qui se créent entre certains des personnages, comme Devi et Oncle Raju. Ou Nihil et Mr Niles, c’est bouleversant et plein de tendresse. A travers ces familles et l’évolution des personnages ce sont les 5 ans qui précèdent la guerre civile que l’on survole, les joies, les peines, les drames et les espoirs qui forgent et dévoilent les caractères de tout ce petit monde.

En réalité, c’est un roman d’amour, amour pour un pays, pour des hommes et des femmes, pour des frères et sœurs que Ru Freeman a écrit car à chaque ligne, à chaque page on ressent tout l’amour qu’elle porte à ses personnages. L’écriture immersive est ciselée et pleine de poésie, elle plonge le lecteur au milieu des saveurs, des parfums, du son du piano, de la musicalité des langues parlées dans l’impasse. C’est riche, beau, flamboyant et plein de couleurs !

J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont l’auteur réussit à nous donner quelques clés pour comprendre tout ce qui fait la complexité de cette société codifiée, pluriethnique qui reste malgré tout sclérosée et enfermée dans ses certitudes. Si Sal Mal Lane représente à elle seule la complexité de cette société, à travers ses habitants aux origines si diverses, elle finira aussi par cristalliser les rancœurs et les drames autour d’eux ; alors quand la guerre va éclater, c’est tout ce petit monde à l’équilibre fragile qui finira par s’écrouler.

Je remercie Babelio et les Editions Zoé pour ce très beau roman et je vous invite vraiment à découvrir les questions politiques de Devi, à écouter Suren au piano et à rire avec les jumelles Rose et Dolly. Une mention spéciale pour le soin apporté par les Editions Zoé à la qualité de l’objet livre avec un papier de qualité et la présence d'un glossaire, d'un petit récapitulatif des personnages par famille, d'un plan de la rue et d'une carte du pays.

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jeudi 25 juin 2015

Les vacanciers

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Emma Straub – Les vacanciers – Editions Les Presses de la Cité – 285 p. – Traduction Virginie Buhl

4ème de couverture :

Des vacances explosives

C'est l'été, New York est une véritable fournaise mais Franny Post a tout organisé pour quitter Manhattan avec son mari et sa fille Sylvia. Direction Majorque pour quinze jours de rêve. Le prétexte officiel de ces vacances idylliques ? Fêter les trente-cinq ans de mariage du couple et récompenser Sylvia pour son diplôme de fin d'études. Ce sera aussi l'occasion de revoir Bobby, l'aîné de la fratrie installé à Miami avec sa compagne, Carmen.

Le soleil, les plages paradisiaques, la bonne nourriture et une somptueuse villa perchée un peu à l'écart sur une montagne promettant un échappatoire aux tensions latentes du quotidien. Pourtant, rien ne se passe comme prévu. Les soucis et les secrets ne restent pas longtemps tapis dans les bagages…

Mon avis sur ce livre :

Difficile pour moi de faire une chronique de ce livre car je n’arrive pas à savoir réellement quoi en penser... Disons que c’est un bon livre pour l’été ! Sans prise de tête, sans complications ou personnalités alambiquées, mais rien de plus et rien de moins !

Les personnages sont plutôt sympas dans l’ensemble, on peut sans souci se projeter dans leur histoire. Mais bizarrement je crois que c’est exactement ce que je n’ai pas aimé. Pour moi l’aspect négatif du roman, c’est son manque de surprise à tous niveaux : les personnages, l’histoire ou plutôt les histoires, les lieux. Entre le couple en crise, l’ado obligée de passer ses vacances avec ses parents, le frangin qui se cherche et le meilleur ami homosexuel avec son conjoint, c’est presque « too much » et cela devient une caricature de la maison de vacances où tout le monde va se retrouver alors que personne n’a vraiment envie d’être là. Malgré tout, les personnages sont plutôt attachants, ils reflètent tout à fait des situations que l’on a vécu ado ou dans notre vie d’adulte, ils ont leurs faiblesses et leurs petites lâchetés, leurs mensonges et leurs défauts comme nous tous. J’ai eu l’impression d’être dans une sorte de vaudeville avec X en pétard contre Y mais super copine avec Z et critique envers V qui ne trouve pas grâce à ses yeux. On mélange le tout et hop, en voiture pour la plage ! Je donne l’impression d’être super négative mais le côté positif c’est que finalement je me suis laissée prendre au jeu, j’ai plutôt passé un bon moment, on est vraiment dans la lecture détente qui se lit sans y penser et sans vraiment réfléchir et en réalité, de temps en temps ça fait du bien. On est déjà en vacances, au soleil, au bord de la mer et au final c’est plutôt sympa !

Je pense que je n’étais pas forcément la bonne lectrice pour ce style de roman, je n’ai pas l’habitude de ce genre de livre alors je m’attendais peut-être à quelque chose de plus sombre au final, des secrets honteux qui se dévoilent, un psychopathe en puissance qui s’ignore... sous couvert du soleil et du farniente, d’où sans doute ma déception. J’attendais une double lecture, des personnages un peu plus complexes et des intrigues à tiroir et finalement je suis restée sur ma faim. Mais si on prend le livre sans chercher autre chose qu’une lecture sympa, pour l’été, je pense qu’il joue parfaitement son rôle.

Je remercie Babelio et Les Presses de la Cité pour ce partenariat de lecture. Un avis mitigé pour moi mais je suis consciente que je ne suis pas forcément la cible de ce style de roman.

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samedi 6 juin 2015

Truman Capote

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Liliane Kerjan – Truman Capote – Folio Biographies – 297 p.

4ème de couverture :

"Le cerveau peut recevoir des conseils, mais pas le cœur, et l'amour, n'ayant pas de géographie, ne connaît pas de frontières"

Truman Garcia Capote, de son vrai nom Truman Streckfus Persons (1924 – 1984), voulait être danseur de claquettes ou chanteur de night-club… Il devint écrivain, prolixe et déconcertant. Affirmant "je suis un anormal, les gens ne m'aiment pas", il adorait les cocktails et les feux d'artifice sur le Grand Canal à Venise et possédait une garde-robe des plus extravagantes. Il ne cessa d'éblouir, d'intriguer, de surprendre ; certains le comparèrent à Jean Cocteau, d'autres prétendirent qu'il était l'Elvis Presley des lettres américaines. Son œuvre capte l'air du temps, oblige la société contemporaine à se poser des questions. Petit déjeuner chez Tiffany et De sang froid en sont les deux titres phares. De ce dernier, il écrit : "C'est une réussite parfaite… parce qu'il est sans style. C'est comme un verre d'eau. Mon rêve. Rien entre l'écriture et le lecteur."

Mon avis sur ce livre :

J'étais plus que ravie de recevoir cette biographie car Truman Capote est l'un de mes auteurs préférés. Je connaissais Petit déjeuner chez Tiffany et certains recueils de nouvelles et j'ai étudié Music for Chameleons à la fac mais j'avoue que ces dernières années je l'avais un peu oublié. Cette biographie m'a donné envie de lire et de relire cet auteur. J'ai toujours beaucoup aimé son style d'écriture et la façon dont il savait parfaitement trouver le détail qui fait mouche, sa faculté à pouvoir s'adapter à son auditoire. Une qualité qui lui permettra de s'intégrer dans cette Amérique profonde pour récolter les témoignages qui lui permettront d'écrire De sang froid.

C'est un immense romancier mais aussi un chroniqueur brillant de son époque et de ses contemporains que Liliane Kerjan nous fait découvrir dans ce livre. Elle a parfaitement réussi à mettre en avant dans cette biographie, cette faculté qui le caractérisait de cerner les gens d'un seul coup d'oeil. J'ai pris beaucoup de plaisir à redécouvrir l'écrivain et à découvrir l'homme à travers les mots de la biographe. Tout au long du livre on se rend compte combien il était en accord avec son temps et combien son œil acéré pouvait être cruel, cynique ou tendre selon les personnalités qu'il cotoyait. Pour moi, le point fort du livre c'est la mise en avant de la sensibilité du romancier à travers les mots de Liliane Kerjan. On devine derrière ce mondain qui fréquente la société à la mode de l'époque, l'homme ultra sensible qui n'a pas oublié le petit garçon de La Nouvelle Orléans, avide de plaire à tout prix de peur d'être laissé pour compte. A travers ces lignes on devine une personnalité complexe à fleur de peau et d'une lucidité aiguë sur le monde qui l'entoure.

J'ai aimé le récit de cette vie intense, ponctué de quelques lignes tirés des nouvelles ou des romans de Truman Capote venant illustrer le propos. Cela permet de rendre le texte plus vivant et moins académique. Je suis un peu partagée avec les biographies car quand on aime un romancier on aimerait retrouver son style, sa personnalité à travers les mots du biographe. Or, on a affaire à deux personnalités différentes et c'est le parti-pris et le style de ce dernier que l'on va lire et non l'auteur que l'on aime. J'avoue qu'ici cela ne m'a pas du tout gêné et j'ai aimé le choix de Liliane Kerjan de découper l'ensemble en grandes parties plutôt que de faire un découpage plus linéaire et chronologique. Je pense que cette construction du livre a permis de mettre beaucoup plus en avant la personnalité de Truman Capote. Si vous ne connaissez pas encore cet auteur, je vous conseille vraiment ce livre qui vous donnera envie d'en découvrir un peu plus sur le romancier.

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat et pour m'avoir permis de redécouvrir cet immense écrivain.

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jeudi 14 mai 2015

Snow Queen

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Michael Cunningham – Snow Queen – Editions Belfond -  276 p. – Traduction Anne Damour

4ème de couverture :

Avec toute la grâce et la subtilité qu'on lui connaît, Michael Cunningham nous offre une nouvelle plongée dans le New York des âmes perdues, l'histoire poignante d'hommes et de femmes en quête de transcendance, à travers l'amour et l'art.

Un soir de novembre, alors qu'en pleine déprime amoureuse, il traverse Central Park, Barrett est témoin d'une lumière mystérieuse, un moment fugace de beauté pure, un instant suspendu, comme si quelqu'un, quelque part le regardait avec bienveillance.

Un lumière qui lui évoque son frère Tyler, cocaïnomane, musicien talentueux qui n'a jamais percé ; Beth, la fiancé de Tyler, qui se meurt d'un cancer ; Liz leur amie commune, leur presque mère.

Un lumière qui illumine aussi ses propres failles, ses ambitions ratées, ses amours déçues.

Une lumière comme une manifestation du sublime. Comme l'amour qui, malgré tout, unit ces êtres blessés. Ou le rappel que, si le temps passe et les rêves aussi, reste la tendresse.

Mon avis sur ce livre : 

Encore une fois, la poésie et la mélancolie qui se dégage des romans de Michael Cunningham nous touchent au cœur dans Snow Queen. A travers cette galerie de portraits, l'auteur nous propose un puzzle d'émotions et de sentiments qui nous bousculent et nous charment. Comment ne pas s'attacher à Barrett, Tyler, Beth, Liz, Andrew, Sam ? Ces personnages un peu paumés et pourtant plein d'espoir face à la mort, à la maladie, à l'amour, à l'attente et à la vie tout simplement… Ces personnages en quête d'amour et d'espérance qui se retrouvent autour de Beth malade d'un cancer, pivot central de cette histoire d'amitié. J'ai retrouvé dans ce roman ce qui m'avait tant plu dans Crépuscule, une certaine mélancolie, une vie comme entre parenthèses où les personnages subissent des situations sans essayer de modifier le cours des choses, une sorte de fatalité assumée qui glisse sur leurs vies et les fige dans un quotidien qui semble suspendu dans le temps. 

J'ai beaucoup aimé cette petite part de magie des premières pages du roman avec cette lumière qui apparaît à Barrett. Cette lueur sera une sorte de fil conducteur tout au long du livre qui va retenir Barrett a une sorte d'espérance. Comme si cette lumière était le signe de l'apparition et de l'existence des "possibles". Il est possible que Beth guérisse, il est possible que Tyler connaisse le succès, il est possible que Barrett ait été le témoin d'une sorte de miracle… c'est une petit part de rêve à laquelle on veut tous croire !

Tous les personnages de ce livre m'ont touchés à leur façon, c'est, je crois, la grande force de ce roman. Quels que soient leurs failles et leurs doutes, leurs défauts et leurs qualités, ils sont tous dans un profond désir d'être aimés, ce qui les rend particulièrement émouvants et vulnérables d'une certaine manière. Que ce soit dans leurs relations amoureuses, amicales ou fraternelles, ils sont tous à la recherche de cette assurance, de ce besoin viscéral de bienveillance et d'acceptation.

Une fois encore, j'ai aimé l'écriture tout en finesse et délicate de l'auteur, sa plume m'enchante à chaque roman. L'écriture est fluide, facile à appréhender et pleine de poésie, le vocabulaire est subtil et bien choisi pour créer une sorte de musique qui sait accrocher le lecteur. C'est toujours élégant et plein de douceur… C'est une écriture qui me touche particulièrement.

Je remercie Babelio et les éditions Belfond pour ce partenariat de lecture. 

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dimanche 26 avril 2015

Dewey's 24 H Read-a-Thon - April 2015 - # 6

Je viens de terminer mon dernier livre "Tir aux pigeons" de Nancy Mitford. J'ai passé un super moment lors de ce Dewey's 24 H Read-a-Thon. 
I just finished my last book "Tir aux Pigeons" by Nancy Mitford. I had a great time during this 24 M Dewey's Read-a-Thon.

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Je donnerai un 3.5 sur 5 à ce dernier roman. J'avoue que je suis fatiguée après ce Read-a-Thon et je vais sûrement faire une sieste après déjeuner. Cette fois encore je me suis beaucoup amusée ! Bravo à tous les organisateurs.
I will give a 3.5 out of 5 this latest novel. I confess that I am tired after this Read-a-Thon, and I'll probably take a nap after lunch. Once again I had lots of fun! Congratulations to all the cheerleaders.

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Dewey's 24 H Read-a-Thon - April 2015 - # 5

Après une pause d'environ 3 h pour dormir un peu, me voici de retour. J'ai terminé Prières pour celles qui furent volées et j'ai adoré. J'ai donné 5 sur 5 à ce roman.
After a break of about 3 hours to get some sleep, I'm back. I finished Prayers for the Stolen and I loved it. I gave 5 out of 5 stard to this novel.

Maintenant c'est l'heure du petit déjeuner, le repas de la journée que je préfère.
Now it's time for breakfast, meal of the day I prefer.

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Je suis en train de lire Le Crystal des Elfes Sylvains, le 7ème tome de Elfes avant de continuer avec un nouveau roman.
I am currently reading Le Crystal des Elfes Sylvains, Elves Vol. 7 before going forward with a new novel.

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samedi 25 avril 2015

Dewey's 24 H Read-a-Thon - April 2015 - # 4

Il est temps de diner, ce soir c'est galette avec une salade de mâche et un verre de cidre. 
Time to have a break for dinner, tonight it's a ham and cheese buckwheat pancake with lamb's lettuce and a glass of cider.

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J'ai terminé mon premier livre "Les terres de Cristal", je lui ai donné 4 sur 5. C'était une bonne lecture et cela m'a permis de terminer une série.
I finished to read my first book "Les terres de Cristal", I gave it 4 out of 5 stars. It was a really good reading and it made me end a series.

Maintenant j'ai prévu une BD pour faire une pause, ce sera le 4ème tome de Blacksad, ensuite je lirai "Prières pour celles qui furent volées" de Jennifer Clement. 
Now, I'm going to read Blacksad Vol. 4 and after Prayers for the Stolen by Jennifer Clement.

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Dewey's 24 H Read-a-Thon - April 2015 - # 3

J'ai choisi de lire Les terres de Cristal, le tome 3 de la série Le Puits des Mémoires de Gabriel Katz pour démarrer ce Dewey's 24H read-a-thon.
I chose to read Les Terres de Cristal, the last book of Le Puits des Mémoires trilogy by Gabriel Katz to start the Dewey's 24H read-a-thon. 

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J'ai beaucoup aimé les deux premiers tomes de cette série. Et je m'amuse beaucoup à retrouver tous les personnages. L'intrigue est toujours aussi intéressante.
I've really enjoyed the two first books of this series. And I've got a lot of fun to read again about all the characters. The plot is always interesting.

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Dewey's 24 H Read-a-Thon - April 2015 - # 2

Je vais essayer de poster régulièrement des nouvelles de mes 24 H de lecture. Je suis prête et j'ai de quoi tenir... en plus de fruits, de thé et de cake aux fruits.

I'm going to try to post regularly some news of these 24H of reading. I'm ready and I've got some snacking stuff to help me to go through the night time... fruits, tea and fruits cakes are also on my table.

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Je commence à 14 h avec mon premier livre...
I'll begin at 2 pm with my firtst book.

lundi 20 avril 2015

Dewey's 24 H Read-a-Thon - April 2015 - # 1

Après avoir participé et m'être vraiment amusée lors du Dewey's 24 H Read-a-Thon d'octobre, je n'avais qu'une envie : recommencer et m'inscrire à celui de samedi prochain. Les infos ici.
After my first partication in October and really had fun during the Dewey's 24 H Read-a-Thon, so I was ready to participate again next saturday. Informations here.

Voici ma sélection de livres pour ces 24 H de lecture.
Here's my stack of books for these 24 H of reading.

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Je suis sûre de m'amuser autant que pour le Dewey's 24 H Read-a-Thon précédent. 
I'm sure to have fun as much as for the previous 24 hours Dewey's Read-a-Thon.