lentreedesmots_couv

Jacques Weber – L'Entrée des mots – Editions de l'Observatoire – 142 p.

4ème de couverture :

"La littérature a commencé pour moi dans les pages d'une bondieuserie bon marché. Plus tard, la lumière a jailli à la manière des ciels bretons, alternant les fausses teintes, les petits bouts de bleu et les rayons crevant les nuages en longues trompes tibétaines. C'est de là que me vient ce goût d'un sentiment mystique qui rôde autour de la lecture.

C'est toujours dans les histoire d'enfants, naïves ou, comme on dit, "bêtes comme chou", que se dit quelque chose qui ne vous quitte plus. C'est par la porte des enfants que j'entrai en littérature."

Les livres l'ont conduit au théâtre et au cinéma, à moins que ce soit l'inverse… Jacques Weber nous plonge dans les œuvres qui ont marqué sa vie et sa carrière. Une promenade littéraire et passionnée.

Mon avis :

Je ne savais pas forcément à quoi m'attendre avec ce livre, était-ce une autobiographie littéraire, était-ce un essai sur la littérature, une réflexion sur le métier de comédien et le rapport aux textes "classiques" ? Je n'avais pas lu le résumé, le nom de l'auteur me suffisait car Jacques Weber est un comédien que j'aime beaucoup… Mais je suis partie sans préjugés à la découverte de ce texte et j'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur nous parle de littérature, de théâtre, et à travers ses remarques et ses pensées, de la vie en général.

J'assiste très rarement aux rencontres, aux séances de dédicaces... Je préfère me concentrer sur le travail proposé par les écrivains, les acteurs, les chanteurs… La célébrité me touche peu, voire pas du tout, je préfère découvrir ce que la personne nous propose à travers son travail, son talent, sa vision du monde comme artiste.

Je dois préciser que Jacques Weber fait partie des acteurs que j'arrive à oublier en tant que personne au profit du rôle qu'il joue, contrairement à d'autres, "monstres sacrés" ou comédiens qui se perdent un peu dans leurs personnages. Quand je regarde un film ou une pièce de théâtre, je vois le personnage qu'il interprète, j'arrive à me projeter dans l'histoire, je ne vois plus Jacques Weber mais Bel-Ami ou Don Juan… Du coup son livre m'a beaucoup intéressé, sa façon d'aborder ces grands rôles, de se confronter à tous ces personnages mythiques de la littérature, le doute, la peur de ne pas être à la hauteur…

Si je connais l'acteur et le metteur en scène, je ne connais pas du tout l'auteur que j'ai découvert avec ce livre et j'ai été agréablement surprise. Dès les premières lignes, ce que j'ai ressenti, c'est la VIE ! Le texte est riche, imagé, vivant, truculent. On sent tout de suite combien il aime la langue française, les mots, le rythme. A travers ces quelques pages, l'auteur réussit à nous communiquer sa passion pour la beauté et l'intensité de la littérature, que ce soit à travers un personnage, un texte ou un auteur. C'est plein de tendresse, d'énergie, d'envolées, de parenthèses, de moments volés, c'est à l'image du personnage que l'on connaît. C'est écrit avec justesse et un peu de nostalgie parfois mais toujours avec une pointe de gourmandise et de malice. Mais surtout ça donne envie de lire et de redécouvrir tous ces grands textes, de retrouver Cyrano, Edmond Dantès, Bel-Ami…

Merci Monsieur Weber, grâce à vous, j'ai enfin commencé Au-dessous du volcan, un monstre de roman dans lequel je n'osais pas me plonger. Je vais maintenant partir à la rencontre du Consul et d'Yvonne.

Je remercie Babelio et les Editions de l'Observatoire pour cette belle rencontre.