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Clément Ghys – Vadim Le plaisir sans remords – Editions Stock – 260 p.

4ème de couverture : 

Le nom de Roger Vadim est associé à des films lm, Et Dieu créa… la femme, Les Liaisons dangereuses 1960 ou Barbarella, et surtout à des actrices, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Jane Fonda… Ces femmes, il les a aimées et propulsées vers la célébrité. Avec elles, le réalisateur a choqué la morale de l'Europe de l'après-guerre, ouvert la voie à la Nouvelle Vague, incarné une dolce vita à la française et imaginé un érotisme populaire aujourd'hui suranné.

De l'effervescence de Saint-Germain-des-Près aux plages de Saint-Tropez, des plateaux de tournages romains à Malibu, Vadim s'est inventé un destin avec désinvolture, croisant Brando, Sagan, Mitterand, Godard, Warhol…

Clément Ghys raconte ce personnage romanesque né en 1928, mort en 2000. Avec un regard contemporain, il interroge notre nostalgie pour une époque où le plaisir se vivait sans remords. Un portrait intime.

Mon avis sur ce livre :

J'avoue que pour moi Vadim c'était avant tout le mari de Marie-Christine Barrault, même si je connaissais sa filmographie et les femmes de sa vie de très loin. Pour tout dire j'ai un vague souvenir de Barbarella avec Jane Fonda mais je suis certaine de ne pas avoir vu ses autres films. Comme je ne suis pas une très grande fan de Bardot l'actrice, et surtout de sa façon de parler à l'écran, je n'ai vu pratiquement aucun de ses films. A travers ce livre j'avais surtout envie de découvrir l'homme derrière le cinéaste mais je me suis très rapidement rendu compte que les deux étaient indissociables. Dans ce livre, Vadim vit avant tout à travers les femmes qu'il fréquente, ses ambitions, ses espoirs, ses fantasmes, se dessinent à travers la femme du moment, bizarrement il donne l'impression de ne pas savoir vivre tout seul, toujours en perpétuelle recherche d'approbation, malgré ses fanfaronnades et ses provocations de jeune mondain de St-Germain-des-Près.

J'étais un peu déçue en commençant ma lecture car j'aurai aimé en connaître un plus sur l'enfance de Vadim, j'ai trouvé que cette partie était vraiment survolée dans le livre et qu'elle aurait méritée d'être plus détaillée. On comprend toujours mieux quelqu'un quand on sait d'où il vient et là j'avoue être restée un peu trop sur ma faim par rapport à sa jeunesse, à sa famille et à ce qui l'a amené à être dans cette recherche perpétuelle de plaisirs faciles. La vie du jeune mondain de Saint-Germain-des-Près m'intéressait beaucoup moins, peut-être parce que ce n'est pas une période que j'aime particulièrement, et que les codes de l'époque ne me passionnent pas plus que ça. Bardot, St-Tropez, les décapotables, la dolce vita revisitée, Bonjour Tristesse… tout cela me semble un peu trop "clichés".

Ce qui m'intéressait par contre c'était comment des films, pas très bons, voire un peu ringards il faut bien l'avouer sont devenus ces films cultes encensés dans le monde entier. Ce qui m'intéressait c'était la magie qui a transformé cette petite jeune fille de bonne famille en cette créature sulfureuse qui danse pieds nus au son des percussions. Ce qui m'intéressait c'était de découvrir le gars un peu fou qui réussit à transformer cette jeune américaine, fille d'une institution du cinéma, en bombe de l'espace, tout cela entre les féministes et la censure de tout poil. La partie du livre que j'ai préféré c'est vraiment celle où Vadim se perd dans sa propre caricature, Hollywood devient son paradis perdu. Les filles sont toujours là mais les héros commencent à fatiguer et il est temps de rentrer. Mais Vadim n'est plus dans l'air du temps, au contraire il est "à côté de la plaque" comment le dit l'auteur et finit par tomber vaguement dans l'oubli. On le retrouve de temps en temps dans ces émissions nostalgiques sur le temps qui passe où il ne se souvient plus très bien ce qu'ils sont tous devenus, tous ces satellites de la petite bande de Saint-Germain-des-Près.

J'ai aimé ce livre, testament mélancolique d'une époque définitivement révolue, qui laisse flotter une certaine nostalgie douce-amère une fois le livre refermé. Je remercie Babelio et les éditions Stock pour cette parenthèse cinématographique.