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Alejandro Palomas – Une mère – Editions du Cherche Midi – 310 p. – Traduction Vanessa Capieu

4ème de couverture :

Le roman qui a enflammé l'Espagne.

Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s'affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu'elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d'Emma, et l'oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents. 

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?

Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se déroulera comme prévu.

Alejandro Palomas brosse avec humour le portrait d'une famille dont les travers font inévitablement écho à nos propres expériences, et celui d'une mère loufoque, optimiste, et infiniment attachante. Une mère profondément humaine, à qui il reste encore quelques leçons à transmettre à ses grands enfants : au cours de cette longue nuit, secrets, mensonges, non-dits et autres révélations familiales vont éclater.

Mon avis sur ce livre :

J'ai ouvert ce livre sans avoir lu le résumé, mais la première ligne de la 4ème de couverture m'a suffi pour avoir envie d'en découvrir un peu plus. Ensuite la phrase en tête du premier chapitre m'a convaincue. C'est une phrase tirée du film The Hours d'après le roman de Michael Cunningham et prononcée par Virginia Woolf "On ne peut pas trouver la paix en évitant la vie, Léonard", The Hours est l'un de mes films coups de cœur. Dès les premières lignes de ce roman, j'ai su que j'allais aimer Amalia et son côté loufoque, ses réparties improbables et son humanité à fleur de peau. Je crois que ça faisait vraiment très longtemps que je n'avais pas autant ri (évitez de lire ce roman dans des endroits publics ou dans les transports en commun si vous ne voulez pas passer pour un fou ou une folle…). Tout au long de cette chronique familiale tendre et pleine d'humour, on passe continuellement du rire aux larmes grâce aux dialogues et aux personnages. Entre "Femmes au bord de la crise de nerfs" et "Tout sur ma mère", ce roman m'a fait penser à l'univers de Pedro Almodovar avec ses femmes fortes, ses personnages border line, hauts en couleurs, plein de tendresse et de failles qui nous ramènent à nos propres questionnements. Comment ne pas aimer Amalia et sa façon de mener sa barque sans y toucher ? Son sens de la répartie, sa justesse dans les sentiments malgré ce côté lunaire qu'elle cultive et son amour immense pour les gens, pas seulement pour ces enfants ou sa famille, mais pour le gamin au coin de la rue ou ses voisines. On peut penser qu'elle voit la vie avec des œillères et qu'elle vit au pays des Bisounours mais ça n'est pas si simple… Amalia a comme un trop plein d'amour qui transpire tout au long du livre. Elle trace son chemin, avec une volonté de fer pour apporter son aide à tous ceux qui en ont besoin et tant pis si ces derniers n'ont rien demandé. 

Les principaux points forts de ce livre sont les personnages et la façon dont l'auteur les a travaillés. D'un premier abord ils pourraient passer pour des caricatures avec la sœur névrosée, l'oncle célibataire coureur de jupon, le fils solitaire, la copine Ingrid complètement à l'ouest… mais c'est tout sauf ça ! Ces personnages se dévoilent tout en finesse, en demi-teintes, par petites touches qui apparaissent au fil des pages.

Le style est particulièrement vivant et dynamique grâce aux dialogues très présents. Les sorties d'Amalia quand elle veut changer de sujet sont à mourir de rire... et j'ai beaucoup ri en lisant ce livre. Pourtant ce n'est pas un livre humoristique, loin de là car les personnages sont cabossés, malheureux même s'ils cachent bien leur jeu et que personne n'est vraiment dupe… Il y a une telle humanité et tellement de tendresse dans ce livre qu'il est difficile de ne pas s'attacher à Amalia, Emma, Silvia, Fernando, Olga, Eduardo. C'est un livre qui fait du bien et qui vraiment m'a enchanté du début à la fin. Je laisserai pour finir la parole à Amalia "Vous savez quoi ? Vous le croirez ou non, mais hier je m'ennuyais tellement que j'ai pris un Efferalgan vitaminé."

Je remercie Babelio et les éditions du Cherche Midi pour cette belle découverte.