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Michael Cunningham – Snow Queen – Editions Belfond -  276 p. – Traduction Anne Damour

4ème de couverture :

Avec toute la grâce et la subtilité qu'on lui connaît, Michael Cunningham nous offre une nouvelle plongée dans le New York des âmes perdues, l'histoire poignante d'hommes et de femmes en quête de transcendance, à travers l'amour et l'art.

Un soir de novembre, alors qu'en pleine déprime amoureuse, il traverse Central Park, Barrett est témoin d'une lumière mystérieuse, un moment fugace de beauté pure, un instant suspendu, comme si quelqu'un, quelque part le regardait avec bienveillance.

Un lumière qui lui évoque son frère Tyler, cocaïnomane, musicien talentueux qui n'a jamais percé ; Beth, la fiancé de Tyler, qui se meurt d'un cancer ; Liz leur amie commune, leur presque mère.

Un lumière qui illumine aussi ses propres failles, ses ambitions ratées, ses amours déçues.

Une lumière comme une manifestation du sublime. Comme l'amour qui, malgré tout, unit ces êtres blessés. Ou le rappel que, si le temps passe et les rêves aussi, reste la tendresse.

Mon avis sur ce livre : 

Encore une fois, la poésie et la mélancolie qui se dégage des romans de Michael Cunningham nous touchent au cœur dans Snow Queen. A travers cette galerie de portraits, l'auteur nous propose un puzzle d'émotions et de sentiments qui nous bousculent et nous charment. Comment ne pas s'attacher à Barrett, Tyler, Beth, Liz, Andrew, Sam ? Ces personnages un peu paumés et pourtant plein d'espoir face à la mort, à la maladie, à l'amour, à l'attente et à la vie tout simplement… Ces personnages en quête d'amour et d'espérance qui se retrouvent autour de Beth malade d'un cancer, pivot central de cette histoire d'amitié. J'ai retrouvé dans ce roman ce qui m'avait tant plu dans Crépuscule, une certaine mélancolie, une vie comme entre parenthèses où les personnages subissent des situations sans essayer de modifier le cours des choses, une sorte de fatalité assumée qui glisse sur leurs vies et les fige dans un quotidien qui semble suspendu dans le temps. 

J'ai beaucoup aimé cette petite part de magie des premières pages du roman avec cette lumière qui apparaît à Barrett. Cette lueur sera une sorte de fil conducteur tout au long du livre qui va retenir Barrett a une sorte d'espérance. Comme si cette lumière était le signe de l'apparition et de l'existence des "possibles". Il est possible que Beth guérisse, il est possible que Tyler connaisse le succès, il est possible que Barrett ait été le témoin d'une sorte de miracle… c'est une petit part de rêve à laquelle on veut tous croire !

Tous les personnages de ce livre m'ont touchés à leur façon, c'est, je crois, la grande force de ce roman. Quels que soient leurs failles et leurs doutes, leurs défauts et leurs qualités, ils sont tous dans un profond désir d'être aimés, ce qui les rend particulièrement émouvants et vulnérables d'une certaine manière. Que ce soit dans leurs relations amoureuses, amicales ou fraternelles, ils sont tous à la recherche de cette assurance, de ce besoin viscéral de bienveillance et d'acceptation.

Une fois encore, j'ai aimé l'écriture tout en finesse et délicate de l'auteur, sa plume m'enchante à chaque roman. L'écriture est fluide, facile à appréhender et pleine de poésie, le vocabulaire est subtil et bien choisi pour créer une sorte de musique qui sait accrocher le lecteur. C'est toujours élégant et plein de douceur… C'est une écriture qui me touche particulièrement.

Je remercie Babelio et les éditions Belfond pour ce partenariat de lecture.